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Donation grands parents : fiscalité, abattements et démarches pour transmettre à leurs petits-enfants

Donation grands parents : fiscalité, abattements et démarches pour transmettre à leurs petits-enfants

Donation grands parents : fiscalité, abattements et démarches pour transmettre à leurs petits-enfants

Pourquoi les grands-parents ont tout intérêt à donner de leur vivant

Transmettre directement à ses petits-enfants est souvent plus efficace que d’attendre la succession. Sur le plan fiscal, mais aussi sur le plan pratique. La question à se poser est simple : vaut-il mieux que vos petits-enfants touchent 20 000 € aujourd’hui pour financer leurs études, ou 30 000 € dans 20 ou 30 ans… après impôts et délais de succession ?

La donation grands-parents > petits-enfants permet :

Encore faut-il connaître les bonnes règles : montants exonérés, conditions d’âge, démarches auprès du fisc, recours (ou non) au notaire… C’est tout l’objet de cet article.

Les deux grands types de donations aux petits-enfants

Pour transmettre à vos petits-enfants, vous avez deux grandes options :

Les deux peuvent se cumuler. C’est là que les économies d’impôts deviennent intéressantes.

Abattement spécifique grands-parents / petits-enfants : 31 865 € tous les 15 ans

Premier levier : l’abattement prévu à l’article 790 B du CGI.

Chaque grand-parent peut donner à chaque petit-enfant jusqu’à 31 865 € tous les 15 ans sans droits de donation.

Ce montant s’applique sur l’ensemble des donations de biens (argent, titres, parts de SCI, etc.). Il se renouvelle automatiquement au bout de 15 ans : on repart à zéro comme si aucune donation n’avait été faite.

Exemple 1 : un couple de grands-parents avec 3 petits-enfants

31 865 € × 2 × 3 = 191 190 €

Avec une simple stratégie planifiée, un couple de grands-parents peut donc transmettre près de 200 000 € à ses 3 petits-enfants sans droits de donation, à condition d’étaler sur la durée.

Le don familial de somme d’argent : 31 865 € en plus, sous conditions

Deuxième levier, moins connu mais très efficace : le don familial de somme d’argent (article 790 G du CGI).

Il permet de donner jusqu’à 31 865 € supplémentaires, exonérés de droits, si :

Ce don familial est lui aussi renouvelable tous les 15 ans… et cumulable avec l’abattement grands-parents / petits-enfants vu plus haut.

Conséquence : un grand-parent peut donner à chaque petit-enfant :

Exemple 2 : vous avez 72 ans, votre petite-fille 20 ans

Combien de droits de donation payez-vous au-delà des abattements ?

Si vous dépassez ces abattements, le surplus est taxé selon le barème des droits de donation en ligne indirecte (autres que parents-enfants). Pour les donations grands-parents / petits-enfants, on applique ce barème spécifique.

Barème indicatif (ligne indirecte, petits-enfants en 2024)

Ce barème ne s’applique que sur la part taxable après abattements.

Exemple 3 : un grand-parent donne 100 000 € à un petit-fils, sans utiliser le don familial

Application du barème :

Soit près de 30 % du montant transmis qui part en impôts… simplement parce qu’on n’a pas optimisé les abattements disponibles ni le fractionnement dans le temps.

Optimiser la transmission : quelques stratégies simples

En pratique, trois leviers permettent de réduire fortement, voire annuler, les droits :

Exemple 4 : objectif = donner 100 000 € à un petit-fils, sans droits

Situation :

Stratégie possible :

Sans même avoir besoin de patienter 15 ans, le couple peut transmettre l’équivalent des 100 000 € en combinant les abattements, éventuellement en coupant les versements en deux périodes (par exemple 63 730 € cette année, 36 270 € dans quelques années, en conservant un peu de marge sur les plafonds).

Donation simple, donation-partage, avec ou sans notaire : que choisir ?

La donation aux petits-enfants peut se faire de plusieurs manières :

Pour un simple don de somme d’argent à un petit-enfant, en dessous des abattements, le don manuel déclaré est souvent suffisant et économique.

Pour des sommets importants, des biens immobiliers ou un équilibre global entre enfants et petits-enfants, le passage chez le notaire est recommandable pour sécuriser les choses et éviter de mauvaises surprises à la succession.

Les démarches pratiques pour déclarer une donation à un petit-enfant

La fiscalité avantageuse ne dispense pas de déclarer. Un don non déclaré peut être requalifié plus tard, avec droits + pénalités à la clé.

En pratique, pour une donation en numéraire à un petit-enfant, vous avez deux cas :

Cas 1 : Don manuel (virement, chèque, espèces) sans notaire

Démarche type :

Le formulaire permet aussi de préciser s’il s’agit :

Cas 2 : Donation par acte notarié

Dans ce cas :

Cette solution apporte une sécurité juridique : date certaine, preuve du don, clair partage entre héritiers, mention d’une éventuelle « avance sur héritage » ou d’une donation hors part successorale, etc.

Donation ou avance sur héritage : l’impact sur la succession

Un point souvent négligé : la manière dont la donation sera traitée au moment de votre décès. Deux options principales :

Si vous donnez directement à vos petits-enfants, mieux vaut en parler avec vos enfants… et souvent, avec un notaire. Les conflits de succession les plus lourds fiscalement naissent souvent de dons mal expliqués, plus que de montants en eux-mêmes.

Cas pratiques : combien pouvez-vous transmettre sans impôts ?

Pour donner des ordres de grandeur, voici quelques situations simplifiées :

Cas A : un grand-père, un seul petit-fils

Optimisation possible :

Résultat : 50 000 € donnés, 0 € de droits.

Cas B : un couple de grands-parents, 2 petits-enfants, objectif 200 000 €

Stratégie :

Les 200 000 € peuvent donc être donnés intégralement, immédiatement, sans aucun droit de donation, en profitant des deux abattements et en répartissant équitablement entre les 2 petits-enfants.

Donation aux petits-enfants ou à leurs parents : que comparer ?

Une question fréquente : « Faut-il donner directement aux petits-enfants, ou d’abord aux enfants ? ».

Fiscalement, la donation parents → enfants bénéficie d’un abattement bien plus élevé : 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. Mais si l’objectif est que l’argent arrive in fine chez les petits-enfants, vous risquez de subir deux étages de fiscalité :

La donation directe grands-parents → petits-enfants évite cette double taxation et permet d’utiliser des abattements supplémentaires dédiés à cette relation.

Dans beaucoup de cas, la stratégie gagnante est :

Check-list avant de faire une donation à vos petits-enfants

Avant de vous lancer, quelques questions à passer en revue :

Plan d’action simple pour transmettre efficacement à vos petits-enfants

Pour résumer, voici un mode d’emploi en trois temps :

En combinant ces trois étapes avec les abattements disponibles, vous pouvez transformer une simple envie d’aider vos petits-enfants en véritable stratégie de transmission, chiffrée, planifiée et largement allégée d’impôts.

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